Conseils de culture

Tous les plants produits sont répartis en 6 catégories :

Les Légumes Feuilles : salades, bettes (blette ou poirée), épinards, choux, poireaux, feuillages comestibles de toutes plantes,…

Les Légumes Racines : betteraves, choux raves, oignons,…

Les Légumes Fruits : tomates, aubergines, piments, poivrons, courges, courgettes, maïs,…

Les Fleurs : annuelles ou bisannuelles

Les Plantes Aromatiques et Médicinales : persils, basilics, coriandre, ciboulette,…

Les Vivaces : toutes plantes qui restent en place de nombreuses années, qu’elles soient comestibles,  ornementales, ou compagnes.

 

Voici quelques conseils de culture :

 

Suivre le calendrier lunaire

Dans la mesure du possible, en vous inspirant du calendrier lunaire, vous repiquerez (planterez) vos plants en lune descendante, et en jour “feuilles”, “racines”, “fruits”, ou “fleurs” en fonction de la catégorie de la plante.

Faire un apport de compost mûr (les petits vers rouge de fumier Eisinia fetida ont disparu) en lune descendante au moment de la plantation de tous légumes “gourmands” (exigeants en matières nutritives), tels que les tomates, aubergines, poivrons, concombres, courges, courgettes, etc. et pailler pour protéger votre sol.

Faire un apport de compost demi-mûr (aussi en lune descendante) en surface à l’automne (sans l’incorporer au sol), et le couvrir d’un paillage pour le protéger des intempéries hivernales. Votre sol sera prêt au printemps pour planter vos légumes “gourmands”.

ça marche de suivre le calendrier lunaire? à chacun de faire son expérience. Je le suis dans la mesure du possible, car jusqu’à maintenant j’ai des résultats intéressants sur ma production de plants et mes cultures.

 

Organiser / planifier son potager

A l’échelle d’un jardin potager familial, privilégiez les associations de culture aux rotations de cultures. Mieux vaut mélanger la biodiversité (fleurs, aromates légumes,…), que de faire de la monoculture, d’autant plus sur des petites surfaces.

Remarque : Les légumes dits “gourmands” sont quasiment tous les “légumes fruits” sauf les légumineuses (haricots, pois, fèves,…). Ne jamais apporter de compost pour ces légumes là, ils vont plutôt permettre un enrichissement du sol en azote grâce à leur faculté de transformer l’azote atmosphérique en azote assimilable pour les plantes (présence de nodules au niveau des racines).

Toutefois, il est important de ne pas cultiver au même endroit les mêmes légumes (dominantes) d’une année sur l’autre, alors voici un modèle que vous pouvez suivre :

Année 1 : Apport de compost à l’automne (n-1) + paillage : culture de “légumes fruits” (sauf légumineuses)

Année 2 : Culture de “légumes racines”

Année 3 : culture de “légumes feuilles”

Année 4 : Culture de “légumineuses”

Et on redémarre la rotation…

 

Fabriquer ses extraits de plantes

Si vous choisissez de fabriquer des potions magiques pour votre jardin, je vous conseille les extraits fermentés (purins) d’ortie, et de consoude et la décoction de prêle (contre les maladies fongiques : mildiou, oïdium,…). Il existe d’autres préparats, mais ceux-ci sont les plus précieux pour avoir des plantes en bonne santé et sans maladie, en prévention, et c’est sûrement mieux que de traiter des plantes malades… c’est souvent déjà trop tard!

Recette : A l’ombre, pour 10 L d’eau de pluie, ou de source (de préférence, sinon laisser évaporer le chlore d’une eau du réseau, pendant 12 heures). Récolter 1 kg de plantes fraîches (feuilles et tiges, non fleuries ou non grainées). Hâcher grossièrement ces plantes, et les plonger dans l’eau. Bien mélanger. Remuer tous les jours. A partir du 2ème/3ème jour, votre mélange va mousser, c’est le début de la fermentation. Votre préparation sera prête le jour où votre mélange ne moussera plus, ça se passe du jour au lendemain, d’où l’intérêt de venir voir, et mélanger tous les jours! Filtrer avec une passoire classique, et à maille plus fine si vous voulez conserver votre mélange. Dans ce cas, le mettre en bouteille opaque, sans introduire d’air, et bien fermer. Votre préparation se conserve plusieurs mois à l’abri de la lumière dans un endroit frais (comme dans une cave!).

Utilisation : diluer à 20% (2L d’extrait fermenté + 8 L d’eau), 2-3 jours après la plantation de légumes “gourmands”, en arrosage au pied des plantes. Renouveler toutes les 3-4 semaines.

Vous pouvez mélanger vos 2 préparations en même temps, pour un mélange à 20% : 2 L de purin d’ortie + 2 L de purin de consoude +6 L d’eau, et c’est prêt. Arrosage aux pieds des plantes.

J’utilise cette préparation pour arroser mes planches de cultures où seront transplantés les tomates, poivrons, aubergines, et une dilution à 10% pour arroser les plants de poireaux.

 

Avoir un sol vivant

Dire qu’il ne faut pas travailler un sol pour “faire de la permaculture” serait une grosse erreur!…

Mais oui il est important de le travailler modérément, sans le retourner, c’est l’essentiel, en utilisant une grelinette, une bio-bêche par exemple.

Pourquoi dois-je le travailler?

Avant de penser aux cultures, nous devons penser à la vie du sol. Mon sol est-il vivant? pour qu’il soit vivant, il doit être aérer (c’est pourquoi on doit le travailler, tout au moins au départ, surtout si vous êtes sur un sol argileux!)

A retenir : aucun sol n’est parfait au départ, vous devez tendre à le rendre “parfait” : une structure grumuleuse, et surtout à le garder en pleine forme, vivant, donc à le protéger, d’où le paillage (couverture végétale, mulch de paille/foin non grainé, etc…).

Conclusion : aérer + protéger son sol

D’après la démarche du jardinage/maraîchage sur sol vivant :

  • La plante “fait” le sol : elle fabrique la matière organique qui ensuite nourrit le sol. Il n’y a pas de “mauvaises herbes”.
  • La vie du sol gère la fertilité du sol : bien nourrie par les plantes, elle améliore le sol, le rend plus fertile, donc plus apte à porter des cultures.

Pour plus d’infos : Gilles Domenech et Maraîchage sur sol vivant.

Partant de ces deux principes, je peux vous garantir que le jardinage devient un plaisir et la vie du sol vous dit merci!

 

Avec ou sans buttes (but?) ?

Pour avoir expérimenté depuis dix ans, plusieurs modèles de cultures, avec et sans buttes, je peux vous assurer que la butte ne résout pas tout!…

Pourquoi faire une butte?

Avantages :

  • une fois aménagée, le sol n’est plus travaillé (=retourné), mais quel boulot avant pour le jardinier, et quel chamboulement pour la vie du sol!! La tête à l’envers…
  • On gagne en ergonomie
  • le sol devrait être plus aéré, mais c’est pas toujours vérifié.. oui la première année, et ensuite ça peut décliner…
  • on utilise quasiment plus d’outils
  • L’esthétisme, si on aime!
  • Créer des micro-climats (zones plus ou moins ensoleillées et plus ou moins profondes)

Inconvénients:

  • Gros chantier de mise en place
  • On détruit un sol qui était structuré
  • Le paillage est impératif, donc avoir une ressourcerie en matière (paille, foin, broyat,etc…)
  • le sol peut se tasser, donc on doit recommencer
  • Si le paillage est insuffisant, le sol peut se dessécher par temps sec et chaud (même en Bretagne!)

Avec ou sans bois incorporé?

J’ai été un adepte du bois incorporé, et notamment en cultures surélevées dans des bacs, sous serre (type couche chaude) : en résumé, on mélange déchets verts/frais ou fumier (impératifs!, sinon on crée une faim en azote) et on ajoute du bois humide (branchages, troncs maxi 20-25 cm de diamètre, afin de garder de la place pour le reste, et de renouveler les couches!), on peut ajouter du compost demi-mûr, et on finit avec une couche de terre (5-8 cm) et paillage.  Hauteur finale : 80 cm. ça chauffe beaucoup au départ, je les ai utilisée pour lancer mes premiers semis de tomates en caissette (température à 20°C environ une semaine), et ensuite quelques semaines plus tard et pendant deux ans pour des cultures.

Résultat : pas d’arrosage, dû à la quantité d’eau ajoutée au départ pour bien mouiller le bois. Et un “sol” riche en nourriture.

J’ai démonté ces couches pour récupérer la matière, qui était devenu un compost bien mûr. Il m’a servi sur des planches de cultures pour faire des semis et des repiquages (voir micro-ferme végétale).

Inconvénient : gros chantier de mise en place.

Des cultures sans bois incorporé comme le Jardin Capucine à Brest, ou notre Jardin Mandala, où c’était “juste” du terrassement. Objectifs : créer des micro-climats et augmenter la surface de culture. Le chantier est colossal, la configuration très esthétique, la végétation luxuriante, mais j’ai de très bons résultats avec des planches de cultures où le sol est juste aéré à la bio-bêche (si besoin) et des apports de compost végétal (“fait maison”) et paillage.

à suivre…